Nos lectures du moment







Anthracite, Cédric Gras, Stock, 20€
Lecture Tatiana et Romain

« j'ai déverrouillé successivement les deux portes de l'appartement, traversé les parties communes décrépites et attendu l'ascenseur biélorusse Mogilev, celui qui équipe toutes les barres de béton kroutchtéviennes, de Donetsk au Kamtchatka et de Lviv à Almaty ; le genre de mécanique qui a plus solidement soudé les citoyens soviétiques à travers toutes les ex-républiques que les idées léninistes elles-mêmes. L'expérience quotidienne d'un même environnement manufacturé forge les identités plus sûrement que les théories politiques. C'est aussi cela la nostalgie de l'URSS, la mémoire attendrie de l'industrie nationale. On se souvenait dans un soupir nostalgique des appareils ménagers soviétiques, des réfrigérateurs Minsk ou Dniepr, des magnétophones Komiéta, des distributeurs d'eau gazeuse dans les rues et même des confiseries chocolatées coulées dans le kombinat de Léningrad : tout l'univers du made in USSR. A Donetsk, c'était l'anthracite. »



Kamtchatka, Julie Boch & Emeric Fisset, Transboréal, 20€90
Lecture de Romain

« Les ours goûtent,semble-t-il, la profusion offerte par cette langue de terre entre mer et lac : en moins de dix minutes, nous en apercevons six. C'est plus que dans tous les Pyrénées. Nous songeons souvent au sort que notre pays réserve à ces animaux mal aimés, chassés des lieux qu'ils habitent depuis six cent mille ans, poussés hors d'une nature que son asservissement à nos désirs et à nos craintes peu à peu aseptisée. La haine qu'il suscite est si disproportionnée par rapport à leurs nuisances, et surtout aux nuisances que l'homme s'inflige à lui-même ! Combien de morts accepte-t-on sur les routes pour prix de la vitesse de déplacement ? Combien de policiers, combien de juges nos impôts financent-ils pour nous défendre de notre propre violence ? Combien d'enfants mordus par les milliers de chiens d'attaques qui prolifèrent en France ? Combien de vaches abattues, sacrifiées sur l'autel de l'engraissement industriel qui leur fait naître des maladies ? Mais que cinq ours dévorent un troupeau de moutons et on crie haro sur la bête féroce.

Vous n'êtes pas bergers, dira-t-on. Mais nous ne sommes pas automobilistes non plus, pourtant nous subissons toute l'année les marées de camions, les gaz d'échappement, le bruit et la laideur des installations dévolues à la voiture. Et comment font les éleveurs italiens, qui vivent en bonne intelligence avec le loup ? L'homme n'a eu de cesse, dira-t-on encore, de se débarrasser au fil des siècles de ces bêtes sauvages qui terrorisaient les populations. C 'est vrai, et nous ne plaidons pas pour un retour au Moyen Âge. Mais le rapport de force est si déséquilibré, si menacés les reliquats de nos massacres, que l'on peut bien investir quelques milliers d'euros pour protéger les troupeaux des dégâts des ours, commode boucs émissaire de la crise qui touche la filière ovine. A transformer les bêtes en chose, il se pourrait bien que l'homme perde sa propre humanité. » p131-132.







La grande panne, Hadrien Klent, le tripode, 19€

Suggestion de l'été: Romain

"Normand pose son café, s'assied, allume son ordinateur. Sa Livebox, en bas est débranchée. Ne veut pas être tenté d'aller sur Internet, veut pouvoir écrire.
Le temps que son ordinateur finisse de se mettre en marche, il regarde la mer sans chercher à isoler un endroit où poser son regard: ça bouge, c'est vivant. Si tout pouvait être comme ça" 
extrait page 47


L'aimant, Richard Gaitet, éditions intervalles, 19€


Suggestion de l'été: Tatiana


Gabriel est un jeune marin belge, facétieux, fort en gueule mais maladroit. Il veut apprendre à naviguer mais aussi à boire, à se battre et à aimer. Pour sa première traversée transatlantique, le voilà radio sur un cargo, d’Anvers à Buenos Aires. Hélas ! Une escale aux Açores lui révèle qu’une organisation secrète internationale vient de s’accaparer les ressources inespérées d’un recoin du pôle Sud, menaçant l’équilibre géomagnétique mondial…

Saura-t-il conjurer la catastrophe ?

Roman contemporain d’aventures maritimes, récit d’initiation tragi-comique aux accents surnaturels, L’Aimant poursuit l’histoire d’un titre méconnu de Jules Verne, Le Sphinx des glaces, qui reprenait déjà l’intrigue irrésolue de l’unique roman d’Edgar Allan Poe, Aventures d’Arthur Gordon Pym. La conclusion rocambolesque d’un mystère littéraire au long cours.





Cassandra, Todd Robinson, Gallmeister, 17€50 (traduit par Laurent Bury)





« Que vous soyez col blanc ou col bleu, à Boston, vous habitez avec ceux qui s'habillent comme vous. La limite séparant les classes sociales tranche dans le vif comme un scalpel et creuse un fossé infranchissable. »



« Junior et moi, on assurait la sécurité tout seuls : je gardais la porte pendant que Junior surveillait les trois étages de la boîte. A nous deux, on pouvait faire la police sans mal au milieu de quelques dizaines d'ados squelettiques. On était moins des videurs que des baby-sitters, avec notre poids combiné de deux cent quinze kilos (surtout les miens) et nos dix mille dollars de tatouage (surtout ceux de Junior). »





« Parcouru d'un frisson nabokovien, je redirigeai mon attention vers la foule. (Et oui, putain je sais qui est nabokov. Je suis videur, pas attardé mental »



« On prévoyait de s'acheter un ordinateur un jour. D'un autre côté, on prévoyait aussi de gagner un million de dollars à la loterie et de partir vivre à Hawaï fabriquer des strings sur mesure pour Nathalie Portman. Les deux projets avaient autant de chances l'un que l'autre de se réaliser. »



Besoin de Mer, Hervé Hamon, Points, 6€70




Un jardin dans les Appalaches, Barbara Kingsolver, Rivages poche, 10€50





Embarqué, Christian Cailleaux, Futuropolis, 24€




Le pays qui vient de loin, André Bucher, Points, 5€70



Lettres pour le monde sauvage, Wallace Stegner, Gallmeister, 22€ traduit par Anatole Pons
 




"Oubliez les développements métropolitains de Denver, Phoenix,Tucson, Albuquerque, Dallas-Fort Worth et Salt Lake City, qui poussent aux limites de leurs ressources en eau et au-delà, comme des cultures bactériennes débordant de leur gélose et commençant à se trouver écœurées par leurs propres déjections. Si nous voulons des villes caractéristiques de l'Ouest, nous devons les chercher, de manière paradoxale, en marge de l'urbanisme dominant de la région, en pleine cambrousse, là où les quatre-voies ne passent pas, ni les grandes lignes aériennes, et où les usines ne s'implantent pas."


La montagne de la dernière chance, André Bucher, Le Mot et le Reste, 15€



L'automne à pas comptés lentement s'éloigne, emportant avec lui en son rituel saisonnier, le provisoire trépas des arbres sans feuilles. Le crépuscule se penche sur le défilé. Dans les tréfonds on discerne encore quelque lueur, ainsi une mince rivière, à peine un torrent, qui dans cet étroit couleur se faufile, ignorant la durée du sursis et d'où l'on peut surprendre, regarder s'ébattre les dernières truites puis admirer la gerbe d'étoile qui glisse sur leur écailles dans un insouciant abandon.



La grande confrérie de l'argent roi, les bordées d'injures sur Facebook, le hourvari des portables, tout ce cirque des codes, portiques de détection, la santé insolente de l'industrie du luxe, la danse des sorciers du tweet, les cannibales des hôtels aux noms d'oiseaux et les restaurants avec onomatopées ou à tête de canard. Tous les bons petits soldats de la mondialisation. 



Muré dans cette aile, il ressemble à un gardien de phare. Il est là, à l'approche des jours d'hiver, vieil hibou fatigué, à épier l'improbable derrière les carreaux. Des années, où qu'il soit, qu'il observe le paysage avec le sentiment qu'au-delà des saisons, il pourrait exister un passage temporel qu'il n'aurait point encore connu ou découvert.



Les ombres du canyon tels des phalènes géomètres, dans l'obscurité se déplaçaient. Elles allongeaient leurs membres dans la nuit et les montagnes, se dérobant au spectacle, reculaient. Le froid s'était accru, il ralentirait l'ouvrage. Ici, un homme parvenait à laisser son empreinte, se forger un destin en testant sa volonté face au paysage tout entier.





Dans l'après-midi le vent du sud se leva, souffla sans discontinuer jusqu'au lendemain. Puis il s'assagit, cédant la place à une tourmente neigeuse. Des flocons par centaines, des milliers d'abeilles blanches. Le ciel était en lambeaux, son plafond trop bas, lacéré par les crêtes.

La vieille dame éternuait.



La montagne et le canyons se sont tus, il n'y a pas si longtemps, alors qu'on dirait des siècles. Leur silence s'est d'abord teinté de blanc. Pourtant, derrière cette carapace immobile, son cœur de tortue respire en d'imprévisibles mouvements. En surface, d'apparence, rien ne change. Le soleil illumine, la lune asperge et bat son plein, sauf qu'issue d'entre ces deux astres, la lumière n'est point la même. Face à ce paysage neuf les lieux les plus familiers paraissent lointains. Les nuages clignent des cils puis replient leurs paupières. L'obscurité peu à peu ferme les cieux. La nuit vient. Les étoiles aussi se battent, comme des cœurs.



Ah ! Le silence virtuel des rêves, des sursauts, des présages. Dans la foulée, la pelote se dévide, on tire avec, les souvenirs, les images, les sensations. Le réveil sonne à point nommé, il soigne la légère entorse au réel.


Cry Father, Benjamin Whitmer, Gallmesiter (neonoir), 16€50

Lecture Romain

"Ce qui se passe, quand on travaille dans des zones sinistrées, c'est qu'on s'attend à ce que le reste du pays soit en meilleur état. Et peut-être bien que certains endroits le sont. Certaines parties des côtes, peut-être, là où vivent les gens importants. Mais l'intérieur est en naufrage perpétuel et les ruines que laisse un ouragan ne sont pas différentes en degré de celles que l'on trouve dans n'importe quelle ville du Midwest.

Ça se voit aux bars plus qu'à n'importe quoi d'autre. Les bars sont les mêmes. Ça vous étonnera peut-être, mais quelle que soit l'ampleur des dégâts, il y a toujours des bars. Quelqu'un servait des coups à la Nouvelle-Orléans le lendemain du jour où les digues ont cédés, vous pouvez en être sûr. Tous les hôpitaux étaient inondés, les églises fermées, mais le lendemain il y avait un rade qui servait des bourbons bien tassés à des ivrognes déboussolés par la catastrophe, même si c'était juste un comptoir en contreplaqué posé sur deux tréteaux. Et ces bars de fortune qu'on trouve dans les zones sinistrées ne sont pas les plus déprimants que n'importe quel rade à bière de la Rust Belt. »


« Les après-midi chaudes où le rouleau de puanteur d'huile et de charogne vient submerger la zone, vous avez l'impression que vous allez mourir étouffé dans une conduite d'égout. On appelle ça la grande puanteur, et la rumeur dit qu'on peut s'y faire avec le temps. La rumeur dit aussi que parmi les résidents de troisième génération certains prétendraient ne plus la remarquer du tout. Mais il y a très peu de résidents de troisième génération.

Le quartier a cependant quelques avantages par rapport au reste de Denver. L'un deux, qui ne cesse pas de ravir Junior, étant une quasi-nullité de la présence policière. Toutes les villes ont leurs quartiers abandonnés à l'industrie. Toutes les villes ont leurs friches et leurs zones dévastées, sacrifiées sur l'autel d'un bien supérieur. Tant que vous êtes capables de supporter d'y habiter, ces lieux comptent parmi les rares où vous pouvez presque être libre de vivre comme vous voulez. »


« C'est le genre de discours qui l'envoie directement en sortie de route. Il n'a plus l'emprise qu'il faut sur le volant pour assurer des devoirs, et l'idée de tourner la page suffit à l'envoyer se fracasser contre un arbre. »


Je hais les dimanches, Hervé Bellec, éditions dialogues, 16€90

Romain
Antoine de Sait Exupéry, L'Oasis à conquérir, Thomas fraisse, Transboréal  14€90 

Tatiana
La figure du Dehors,  Kenneth White, Le mot et le reste, 20 €


lecture en cours de Romain




L'enfer de Church Street,  Jake Hinkson, Gallmeister 15€ (nouvelle collection néonoir)
Lu par Tatiana



http://www.gallmeister.fr/la-maison/neonoir

Les arpenteurs, Kim Zupan, Gallmeister, 23€90

lecture en cours de Tatiana

 
 Berezina, en side car avec Napoléon, Sylvain Tesson, édition Guérin, 19€50


Pouvions-nous vibrer des mêmes élans, accepter les mêmes sacrifices ? Les comprendre seulement ? Les Trentes Glorieuses avaient servi à cela : nous aménager des paradis familiers, des bonheurs domestiques, des jouissances privées. Nous permettre d'avoir beaucoup à perdre. Aurions-nous été prêts à abandonner nos Capoue pour forcer le Moujik sous les bulbes ou conquérir les pyramides ?

Et puis, nous étions devenus des individus. Et, dans notre monde, l'individu n'acceptait le sacrifice que pour d'autres individus de son choix : les siens, ses proches – quelques amis peut être. Les seules guerres envisageable consistaient à défendre nos biens. Nous voulions bien combattre, mais pour le salut de nos paliers d'appartement. Nous n'aurions plus surenchéri d'enthousiasme à l'idée de nous sacrifier pour une idée abstraite, supérieure à nous même, pour un intérêt collectif et – pire –pour l'amour d'un chef.

Et parmi tous ces chiens qui nous mordaient aux basques, il y avait le pire de tous : le sommeil. Je luttais à grands coups de poing dans le casque pour ne pas fermer les yeux. Parlons-en de mes yeux ! Myope comme un statisticien, je ne distinguais rien à travers la triple protection de mes lunettes, de mon masque et de la visière de mon casque. Au début, j'essayai de nettoyer la buée, mais mes gants pleins de boue laissaient des traînées opaques sur le Plexiglas. Alors, recroquevillé sur mon siège, interprétant du mieux que je pouvais le peu que je distinguais, je me dis que Gras et Goisque étaient de bien singuliers compagnons. Me confier leurs vies, à moi, incapable de distinguer les feux arrières des camions serbes à moins de trente mètres, manifestait une sacrée preuve d'amitié. P71


La France, petit paradis peuplé de gens qui se pensent en enfer, administré par des pères-la-vertu occupés à brider les habitants du parc humain[...].p25

« Nonobstant la pétarade, nous nous serions crus en traîneau, traversant des forêts de contes. J'avais mal calculé la réserve d'essence, nous tombâmes en panne à huit kilomètres de la grand-route. Gras et moi partîmes avec un bidon, vers un village, encalminé dans les congères, à deux kilomètres de là, derrière un rideau de peupliers, laissant Goisque au piquet, près de l'Oural. A peine avions-nous atteint les isbas qu'une voiture de flic s'arrêtait près du side-car. Les russes siphonnèrent leur réservoir, offrirent cinq litres et repartirent en souhaitant à Goisque « de ne pas mourir ». La vue du drapeau, du bicorne, de nos insignes impériales ravissait les Russes. Le nom de Napoléon les mettait toujours en grand frétillement. Evoquer à autrui ce dont il a triomphé est l'une des petites joies dont on aurait tort de le priver. Ce jour-là, nous dûmes nos cinq litres à l'aura de l'Empereur. »

p68

Lecture de Romain

Lecture en cours de Tatiana

Lecture en cours de Tatiana
Fin de mission, Phil Klay, Gallmeister, 23€80


Extraits:  


« Mais quand je me suis présenté au guichet et que j'ai rendu mon fusil, ça m'a coupé dans mon élan. C'était la première fois que je me séparais de mon arme depuis des mois. Je ne savais plus où mettre les mains. D'abord, je les ai mises dans mes poches, puis je les ai ressorties et j'ai croisé les bras, et finalement, je les ai laissées retomber, inutiles, le long du corps. » page 14

« Voilà, c'est comme ça que s'est passé mon retour à la maison. C'était chouette, je dirais. Rentrer c'est comme respirer pour la première fois après failli se noyer. Même si ça fait mal, c'est bon. » page 18



« On a pris ma prime de combat et on a acheté des tas de choses. C'est comme ça que l'Amérique riposte aux terroristes. » page 20



« Il y a des types qui grimpent directement au rouge. Ils y restent pendant un moment, et puis ils s'écrasent, ils retombent en dessous du vert, plus bas que le niveau «  J'en ai rien à foutre de mourir. » La plupart des autres restent à l'orange en permanence.

Vous voulez savoir ce qu'est l'orange ? Vous ne voyez plus et vous n'entendez plus comme avant. La chimie de votre cerveau change. Vous saisissez tous les détails de votre environnement, absolument tous. Je pouvais repérer une pièce cents à vingt mètres de distance dans la rue. » pages 21 - 22
« La porte de derrière mène à la cuisine. A droite, OK. A gauche, OK. En haut, OK. A l'arrière, OK. Cuisine, OK. On avance, on ne se regroupe pas, on continue à avancer. Lentement, question de fluidité. La fluidité, c'est la rapidité. Le groupe du caporal-chef Sweet vous nettoie une maison comme l'eau qui coule dans un ruisseau. »



« Le 1er Bataillon du 9e marines. The walking Dead.

Les devises des bataillons étant ce qu'elles sont, ils ont probablement la meilleure. Grâce au Vietnam, le 1/9 se targue de détenir le record du plus haut taux de morts au combat dans toute l'histoire du corps des marines. Les marines, qui aiment se voir comme des chiens enragés d'une agressivité suicidaire, et qui parfois se comportent de manière à être à la hauteur d'une telle image de soi, considèrent qu'un tel record, c'est « super ».
 
« Vous courrez suffisamment vite et au bout d'un moment, c'est bon, toutes les émotions contenues s'expriment dans le mouvement de vos bras, la brûlure dans votre poitrine, le poids lent et pesant de la fatigue dans vos jambes, et vous pouvez vous laisser aller à penser tout simplement. Vous pouvez penser en éprouvant de la rage, du chagrin, n'importe quoi, et cela ne vous déchire pas, parce que vous êtes en train de faire quelque chose, quelque chose qui est assez dure pour que vous le ressentiez comme une réponse appropriée à l'agitation dans votre esprit. Les émotions ont besoin d'un exutoire physique. Et si vous avez un peu de chance, le physique prend le pas sur tout le reste. Cela m'arrivait autrefois, quand je pratiquais le combat libre. Vous vous épuisez jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que la douleur et l'euphorie. Quand vous atteignez cet état, le reste ne vous manque plus, tous les petits sentiments que vous éprouvez. »

« Le bruit nous avait frappés de plein fouet, se répercutant dans tout notre corps, à l'intérieur de notre poitrine, dans nos entrailles et nos dents du fond. Je sentais le goût de la poudre dans l'air. Quand les canons tiraient, les tubes coulissaient en arrière comme des pistons, avant de reprendre leur position, la force de chaque obus qui partait soulevant un nuage de fumée et de poussière. Quand j'ai regardé la rangée des pièces, je n'avais pas vu six canons. J'avais simplement vu du feu à travers le brouillard, ou même pas du feu, mais de simples éclairs rouges dans la poussière et la cordite. Je sentais le rugissement de chacun des canons, pas seulement celui du nôtre, à chaque tir. Et je me disais, Mon Dieu, voilà pourquoi je suis content d'être artilleur. »

L'ile du point Nemo, Jean-Marie Blas de Roblès, Zulma, 22€50


Lecture Tatiana

Dernier jour sur Terre, David Vann, Gallmeister (collection totem) 10,50€


Lecture Romain






Le Ruban Picquier, Ogawa Ito, Picquier éditions, 19€50


Lecture Tatiana

On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt, JC Latès, 19€



Lecture Tatiana

Un été dans la sierra, John Muir, Hoebecke, collection étonnant voyageur, 18€50

Lecture en cours de Romain


Le voyage de Robey childs, Robert Olmstead, Gallmeister, 23€10


extraits:

page 32/33: Au-delà du Mississippi, le temps était gros et agité et durait des semaines. Le froid était trop froid, le chaud trop chaud, quant à l'eau, il y en avait trop ou pas du tout. La nature s'était mise à nu: sable brillant, pierres striés par le vents

Page 63: Dans la chaleur et la sécheresse, les sauterelles sciaient l'air et les routes poudreuses lui faisaient respirer beaucoup de poussière. Il voyagea toute la journée, puis il dormit et se réveilla au lever du jour pour repartir à travers une campagne très peu peuplée. Il offrait un spectacle si misérable, la tête entouré d'un chiffon taché de sang séché, qu'il décida qu'il n'était pas nécessaire d'éviter les zones habitées.

Le Major leva les yeux de sa montre et, trouvant, selon toute apparence, le visage de Robey engageant, planta son regard dans celui du garçon en souriant. Le major continua à l'observer, le fixant droit dans les yeux , et Robey soutint son regard sans se laisser impressionner, et bien vite, ce fut comme si ni l'un ni l'autre n'étaient dans cette pièce. Ce n'était plus la nuit, ni le jour, et ils n'étaient plus ni l'un ni l'autre dans l'univers de la guerre. Le major était ailleurs- dans un autre endroit, dans une autre époque, et c'était là qu'il voyait Robey.












Mémoire vagabonde, Laurent Kloetzer, Mnémos 20€
Lecture de Tatiana




S'abandonner à vivre, Sylvain Tesson, Gallimard, 17€90

Extrait N°1: Le barrage
"Des baraquements en ciment avaient poussé sur les versants de la jungle, des villages de toiles de tente avaient recouvert les champs cultivés pour contenir les flots de l'armée des terrassiers. Des enfants étaient nés et se voyaient enrôlés aussitôt en âge de brouetter. Le chantier digérait les hommes en Moloch insatiable. A la pelle, à la pioche, charriant la terre dans les paniers d'osier, l'immense marée humaine, à peine mieux équipée que les troupes des bâtisseurs de pyramides, à petits gestes d'insectes, avait commencé l'entreprise titanesque. On avait crevé la terre, arasé les reliefs, tranché le bois des forêts, canalisé les cours d'eau et levé une muraille de retenue de cent quarante mètres de haut à la force des muscles. Les maîtres du grand œuvre savaient pouvoir compter sur l'inépuisable réservoir humain pour suppléer le manque de machines. Sur le chantier, des adolescents, des vieillards épuisés, des femmes enceintes obéissaient aux hurlements des contremaîtres claquants comme des ordres de matons. Les lignes de trains déversaient le ressac humain au fur et à mesure que les besoins de bras s’accroissaient. Dans l'effort collectif, on avait retrouvé l'enthousiasme des travaux de l'époque de Mao, c'était du moins ce que les médias d’État serinaient dans leurs bulletins. C'était l'un de ses chantiers prométhéens tels que l'Europe de l'Ouest anesthésiée par ses régulations, tétanisé par ses doutes, intoxiquée de haine de soi aurait été incapable de mener."

Extraits N°2: La gouttière

"Je n'ai pas de téléphone portable car je trouve d'une insondable goujaterie d'appeler quelqu'un sans lui en demander au préalable l'autorisation par voie de courrier. Je refuse de répondre au « drelin » du premier venu. Les gens sont si empressés de briser nos silences...J'aime Degas,lançant «  c'est donc cela le téléphone ? On vous sonne et vous accourez comme un domestique. » Les sonneries sectionnent le flux du temps, massacrent la pâte de la durée, hachent les journées, comme le couteau du cuisinier japonais le concombre.

 "L'escalade est un sport de combat. Grimper les parois affûte le corps, développe une musculature spécifique, accroît la capacité de concentration, enseigne une gestuelle, dote d'un sens de l'équilibre et d'une résistance physiologique qui appartiennent en propre à cette discipline. Mais le plus important c'est l'instinct que l'activité aiguise au suprême. Le grimpeur, mis de son plein chef dans des situations impossibles, doit opposer au danger son inspiration, son imagination, ses réflexes. Grimper c'est se mouvoir « dignement dans l'incertain », comme l'écrivait Chardonne, survivre sur des pentes qui s'éboulent, guerroyer contre l'inconnu. Et opposer sans cesse des décisions vitales au jaillissement d'embûches, avec, en cas de mauvais choix, la mort."

Extrait n°3: l'exil

 "Et le camion charriant sa métastase, déroulant derrière lui une spirale de fumée et de sable, continua sa route dans le feu saharien. Les étoiles brillaient, se fichant pas mal de la peine des hommes. Ils n'avaient qu'à mieux se débrouiller pour ne pas faire de leur vie un enfer.
L'air avait changé. Une odeur de pourpier écrasé, légèrement acide, l'imprégnait. Les hommes des sables n'avaient jamais respiré l'iode. Ils peuplaient des plages sans mer, des rivages arides qu'ils essayaient de fuir depuis que la sécheresse s'y était abattue."

"Il se fit à cette vie de vers de farine, enfoui dans le béton, la fumée, la foule. A ces visages sans vie, ces corps blancs et mous. Il regardait glisser, entre les tours de ciment, le soleil d'Occident qui ne diffusait aucune énergie. Au désert le soleil brûlait."


Lecture en cours de Tatiana


Lettres de Gourgounel, Kenneth White, Grasset 7€20

Lecture en cours de Romain
"Milieu de l'après midi, ah! les trois heures de l'ennui - pluie et froid, et le chant monotone d'un oiseau. J'allumai un feu et laissai la fumée bleue envahir la pièce. Quand la lumière fut épaisse et âcre - dehors, la pluie continuait battante -, je m'assis à la maie et je me mis à écrire. 
Et soudain je fus de nouveau en vie.
 Etait-ce la fumée bleue? Je n'avais rien mangé, je le jure, et la bouteille de vin offerte par Habauzit, le philosophe, était restée dans un coin.
Ce devait être la fumée qui montait du feu.
Bois de châtaigner et de cerisier: je donne gracieusement cette recette à tous les futurs chercheurs d'inspiration

Les évaporés, Thomas B. Reverdy, Flammarion, 19€

Lecture de Tatiana

Les revenants, Olivier Morel, futuropolis, 19€
Lecture de Romain

Les prédateurs du béton, enquête sur la multinationale Vinci, Nicolas de la  Casinière, Libertalia, 8€

Lecture de Romain

La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jerusalmy, Actes Sud, 21€

Lecture de Tatiana

Sur la route again, aux états unis avec Kerouac, Guillaume Cherel, Transboréal, 20€90


Pour les amoureux de Kerouac et de la Beat generation, ou tout simplement pour avoir une autre idée de l'amérique d'aujourd'hui et de ce qu'elle est devenue....Une vision brut de décoffrage sur la dérive du american way of life. Ici une description non édulcorée, franche et terrible.

Quelques extraits:
"La génération actuelle n'a plus envie de grand-chose, même pas de voyager, ni d'espérer. Elle veut juste planer, s'amuser, boire, manger, jouer aux jeux vidéo, consommer, gagner vite de l'argent...pur bien s'habiller. Elle veut dormir longtemps. Déjà fatiguée de vivre."

"Steve, lui, Afro-Américain de 40 ans, raconte qu'il s'en sortait jusque-là en cultivant son potager, mais que ça ne suffit plus : «  j'ai été viré de Good Years « Bonne année »... tu parles d'un nom ! Je passais ma vie à travailler, à dormir, à voyager pour aller travailler puis à dormir. Pas de petite amie, rien que la télé, le base-ball et la bière ! » Ainsi va l'American Way of (Fucking) life. On se plaint pas, on subit."

« Si t'es incapable de payer tes factures ou de garder un boulot, c'est de ta faute. T'es un loser, c'est tout. Pas celle du gouvernement ni du système, puisque c'est le meilleur du monde ! D'ailleurs, on se contrefout de ce qu'on peut bien penser de nous... C'est la pensée unique. Suffit de voir le nombre de drapeaux américains partout : nous sommes nationalistes, protectionnistes et merde au reste du monde. »


"La route, c'est une aube qui n'en finit pas. Le bonheur de prendre la route, c'est de tout faire à nouveau comme si c'était la première fois. On a coutume de dire que seul le voyage compte. Que la destination importe peu... Ce n'est pas mon avis. L'action de voyager en elle-même ne m'intéresse pas tant que ça. C'est le vertige du dépaysement qui me vrille les neurones et me donne l'impression de renaître à chaque fois. Tous les sens en éveil, à chaque destination... A chaque arrêt sur image. De nouvelles odeurs. Architectures, etc. A chaque fois que j'arrive quelque part, je me dis : des gens que je connaissais pas vivent ici. J'aimerai les connaître tous ! Partout."


Lecture en cours de Romain 

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Elfes et assassins, Miller et Davoust, Mnémos, 16€

Lecture de Tatiana



Des phoques aux cocotiers et aux serpents à lunette. L'amérique en auto. Georges Simenon, le livre de poche, 5€60


Lecture de Romain



Le café du coin, Sait Faik Abasiyanik, bleu autour, 17€


Lecture de Romain / coup de coeur

Quatrième de couverture:
Rarement dans la littérature mondiale un écrivain a su croquer le quotidien avec tant de finesse », écrit dans sa préface Enis Batur à propos de Sait Faik, ce marginal « qui a révolutionné la prose turque ». Dans ce recueil paru en 1950, l’un de ses plus aboutis, le nouvelliste mêle ses rêveries aux mésaventures des oubliés de la vie qu’il côtoie entre Istanbul et son île de pêcheurs. C’est drôle, mélancolique, d’une totale liberté.

L’alcool, l’amour, la maison, la famille, l’amitié, l’amusement, les affaires de ce monde, et même une idée… Il est des jours où toutes ces choses ressemblent à des ballons rouges, verts, jaunes, orange percés par une aiguille ou une cigarette allumée. Tout perd instantanément sa couleur, sa légèreté, sa joie. Peut-on échapper à ces moments-là ? Existe-t-il des gens dont les ballons ne sont jamais percés ? Selon les jours, je les envie ou je les méprise. 



Premier sang, David Morrell, Totem (Gallmeister) 10€00


  C'est mon droit de décider si je veux rester ou pas. Personne ne peut décider de ça à ma place.
Mais ce flic est plus sympa que les autres avant. Plus correct. Pourquoi aller l'emmerder ? Fais ce qu'il te dit. C'est pas parce que quelqu'un me tend un sac de merde avec le sourire que je vais l'accepter. J'en ai rien à foutre qu'il soit sympa. C'est ce qu'il fait qui compte.
Mais, c'est vrai que t'as une sacrée dégaine, comme si t'allais faire des histoires. Là-dessus, il a raison. Mais moi aussi j'ai raison. C'est la quinzième putain de ville où ça m'arrive. Cette fois, c'est la dernière. Pas question que je me fasse éjecter encore une fois bordel. Pourquoi ne pas lui raconter tout ça ? Te nettoyer un coup ? T'en aurais pas un peu envie de tous ces ennuis qui vont te tomber dessus ? T'as besoin d'action, c'est ça ? Comme ça tu pourrais lui montrer que t'en as ?
Je n'ai pas à m'expliquer, non, pas plus à lui qu'à quelqu'un d'autre. Quand on est passé par où je suis passé, on n'a d'explications à donner à personne.

disponible

 
 


Histoires d'ici et d'ailleurs, Luis Sepulveda, Métailié, 17€ (lecture de Romain)

disponible en poche

Ils en parlent comme d'un jeu innocent. Ils tapent sur l'épaule de Pablo et le déclarent meilleur « renvoyeur » de grenades lacrymogènes.

_Tu n'avais pas peur, Pablo ?

_ je ne sais pas. Moins que les Palestiniens de l'Intifada. Et puis ça sert à quoi d'avoir peur ? Moi je ne veux pas vivre...

Garrido le Fou secoue la tête en entendant ces paroles. Il a envie de dire quelque chose mais le regard impérieux de Pablo qui a seize ans et qui ne veut pas vivre, croise celui du champion prématurément vieilli et l'oblige à se taire.

_Et toi, Cécilia, tu es d'accord avec Pablo ?

Cécilia a dix-sept ans. C'est une jolie fille. Elle balance son corps bien fait sur des chaussures aux talons usés et cherche ses mots.

_Je ne sais pas, avant je rêvais de vivre. Je rêvais de toutes les belles choses que je pourrais faire quand je serais grande. Maintenant, je ne rêve plus. Maintenant, j'ai peur de rêver et, quand ça m'arrive, ça me met en colère, les rêves sont des mensonges.






J'ouvre la porte et je vois un jeune homme auquel il ne manque plus que le chapeau de Baden Powell pour ressembler à un scout. Il déclare aussitôt qu'il ne demande ni argent ni nourriture, juste des livres, car dans son quartier, ils sont en train de créer une bibliothèque. Après quoi il montre divers documents prouvant sa qualité de biblio-volontaire dans une commune pauvre de Santiago.
Il emporte avec lui Cavalerie rouge d'Isaac Babel, un roman d'Andrea Mateo Sagasta, Voleurs d'encre et deux de mes livres. Je le regarde s'éloigner, convaincu et décidé. Cet agitateur de la lecture, ce dangereux combattant de la culture n'a pas plus de quinze ans et me rappelle moi quand j'avais son âge.
_Tu pleures ? Me demande ma compagne.
_Oui, je pleure parce que tout n'est pas perdu.





Comment tout a commencé, Pete Fromm, Gallmeister, 23€70

Lecture de Romain



disponible


« _ Et Alors ?

_ Alors ? Et alors ? Alors qu'es-ce qu'il cloche, chez moi ?

J'y voyais clair maintenant, suffisamment pour savoir que les yeux d'Abilene étaient encore fermés face au ciel éblouissant.

_ Rien du tout.

Abilene inspira longuement.

_ Trouble bipolaire, dit-elle, comme si elle n'était venue ici que pour prononcer ces deux mots nouveaux. ( J'observai ses yeux, toujours bien fermés.) Elle appelle ça comme ça. Je suis un genre d'aimant, Austin. Avec moi, les boussoles perdent le nord.

_ Bipolaire ?

_ Ca veux dire maniaco-depressif en langage médecin. Ce qui est juste un joli mot pour fou à lier.

_ C'est eux les dingues, Ab'lene. Tu n'as aucun problème. Ton seul problème c'est d'être coincé ici.

_Mais toi aussi, Austin, tu es coincé ici, murmura-t-elle. Et tu ne t'es pas fait engrosser comme une débile, comme une pute à deux balles. »




Les ELus du changelin, tome 1, les Enfants du fleuve
Greg Keyes,  Fleuve noir, lecture de Tatiana










Sur la route, Jack kerouac le rouleau original, Gallimard, lecture de Romain


Format poche 8€60

"J'ai appelé la nouvelle épouse du père de ma femme, elle n'a même pas voulu me voir. Ma garce de vie s'est mise à danser devant mes yeux, et j'ai compris que quoi qu'on fasse, au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie. Moi, tout ce que je voulais, c'était noyer mon âme dans celle de ma femme, et l'atteindre par le noeud de la chair, dans le linceuls des draps. Tout au bout de la route américaine, il y a un homme et une femme qui font l'amour dans une chambre d'hôtel. Je ne voulais rien d'autre. Sa famille conspirait pour que nous demeurions séparés; ils pensaient, et ils n'avaient pas tort, que je n'étais qu'un clochard, et que je ne ferais que rouvrir ses blessures."



Neal Cassady et Jack Kerouac en 1952



« Neal et moi, on s'est installés sur la banquette arrière pour les laisser faire ce qu'ils voulaient et on a parlé. « Dis donc, l'alto, hier soir, il avait le IT, la pulse, mec. Et une fois qu'il l'a tenue, il l'a plus lâchée. J'avais jamais entendu un gars tenir si longtemps. » J'ai voulu savoir ce qu'il appelait la pulse. « Alors là, mec, a dit Neal en riant, tu me parles d'im-pon-dé-ra-bles...hum ! Bon, t'as le gars, avec tout le monde autour, d'accord ? C'est à lui de déballer ce que tout le monde a en tête. Il démarre le premier chorus, il aligne ses idées, et là les gens,ouais-ouais, mais chope la pulse, alors lui, faut qu'il soit à la hauteur, faut qu'il souffle, quoi. Tout d'un coup, quelque part, au milieu du chorus, voilà qu'il CHOPE LA PULSE...Tout le monde lève le nez ; ils comprennent, ils écoutent ; il la chope, il la tient. Le temps s’arrête. Il remplit le vide avec la substance de notre vie. Il faut qu'il souffle pour passer tous les ponts et revenir ; et il faut qu'il le fasse avec un feeling infini pour la mélodie de l'instant, comme ça tout le monde comprend que ce qu'il compte , c'est pas la mélodie, c'est ça cette pulse... »



Grand format 24€



le fameux manuscrit







La Vie en cabane, Petit discours sur la frugalité et le retour à l’essentiel, David Lefèvre, transboréal 8€

  

disponible



Dernières nouvelles du sud, Luis Sepulveda, Daniel Mordzinski, Points 6€30


en cours de commande


 Sur chacune des histoires suivantes passe sans aucun doute le souffle des choses inexorablement perdues, et cet "inventaire des pertes" dont parlait Osvaldo Soriano et qui représente le coût impitoyable de notre époque.



"se hâter est le plus sûr moyen de ne jamais arriver, seul les fuyards sont pressés" devise Patagon



Les premiers habitants de Patagonie utilisèrent la quila pour soutenir les peaux de guanaco de leurs tentes, les rucas, mais aussi pour fabriquer les lances qui freinèrent l'avance de nombreux régiments de cavalerie pendant la Conquête. Plus tard, en 1880, quand on commença à coloniser le grand territoire austral et que la presse britannique fit remarquer non pas la fragile beauté de ce monde mais son potentiel économique qui induisait "la triste nécessité d'anéantir les barbares", les lances de quila ajoutées aux flèches et aux boleadoras affrontèrent de nouveau les envahisseurs mais, cette fois, elles furent vaincues par le plomb et les arguties juridiques des usurpateurs avides de terre qu'ilsn'aimeraient jamais, de richesses qui engraisseraient les banquiers d'Europe et d'un prestige que l'histoire n'a pas encore commencé à juger.







Et l'odorat? le nez sens dessus-dessous, Catherine Bouvet, Elytis 6€10

lecture de Romain

L'expédition polaire à bicyclette, Robert Benchley, Points 4€70

Lecture de Tatiana


L'Expédition du Poisson Parlant, W.E. Bowman, Wombat, 16€

Très librement inspiré de l'expédition du Kon-Tiki (disponible)

"Là-bas, vers l'est, le dernier promontoire s'efface derrière l'horizon et la terre ferme n'est bientôt plus qu'un lointain souvenir. Le monde se contracte en un vaste cercle d'eau au milieu duquel figurent le Poisson Parlant et une population de cinq hommes à moitié nus, deux chats, une grenouille, une huître et vingt-huit boîtes de sardines. Nous sommes enfin seuls avec la mer, le ciel et notre grand ami le soleil qui déverse à profusion ses bienfaits sur nous, brunissant nos corps et adoucissants nos philosophies."



"Dans toute expédition, il y a – ou devrait y avoir- un moment où les membres cessent de se comporter en individus pour former un tout. C'est alors que l'aventure expérimenté se détend pour la première fois, sachant qu'en dépit des difficultés et des dangers qui les attendent, chacun de ses compagnons fera son maximum pour la cause commune. Il les découvre alors sous un nouveau jour et soupire d'aise en atteignant ce subtil havre de paix psychologique."


 
"Aujourd'hui, un fait plutôt curieux s'est produit. Hugo était monté dans la mâture et il prenait un ris dans la drisse du hunier d'avant lorsqu'il s'emmêla la barbe dans l'habitacle. Sans réfléchir, il poussa un cri de douleur, et C.J., qui était occupé à pousser des « oh !hisse ! », attrapa une paire de ciseaux et courut libérer son ami. Il s'était hissé jusqu'à la moitié du grand mât lorsque Hugo aperçut les ciseaux et s'avisa du danger. Il hurla sauvagement et, d'un violent coup de pied , envoya C.J. par dessus bord. Ce dernier ne sachant pas nager, il appela à l'aide. Willy lança : « Un homme à la mer ! » et plongea à son secours. Nos deux compagnons dérivèrent rapidement vers l'arrière et je compris qu'ils risquaient de ne plus pouvoir nous rejoindre. Je leur jetai une bouée de sauvetage, qui tomba sur la tête de C.J. Et l'assomma. Willy saisit la bouée de sauvetage d'une main et C.J. de l'autre et me demanda de les haler sur le radeau. A l'instant où je me penchai pour ramasser le cordage de la bouée, j'eus le temps de le voir glisser dans l'eau. Moi même je basculai par dessus bord en tentant de le rattraper."




Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, Futuropolis 24€40

Lecture en cours de Romain (disponible)


Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias malzieu, Flammarion 17€50


lecture en cours de Romain (disponible)


Plogoff, Delphine Le Lay / Alexis Horellou, Delcourt, 14€95


Plogoff la bande dessinée …

disponible


A l'heure de Notre Dame des Landes et de son inutile projet d'aéroport, il est bon de se rappeler au souvenir le scandaleux projet de la centrale nucléaire de Plogoff. En 1975 le site de Plogoff est retenu pour la construction d'une centrale nucléaire sur une faille ! S'en suivra une résistance et une contestation de la part des habitants de la commune ainsi que de toute la Bretagne.
Beaucoup d'encre à couler depuis, des documentaires ont été tournés, mais jusqu'ici aucune bande dessinée, c'est désormais chose faite !



Dans un registre très différent :







Arawn, Le Breton, Grenier, Soleil Celtic
1. Bran le Maudit, 13.95 €
2. Les liens du sang, 13.95 €
3. La Bataille de Cad Goddun, 13.95 €
4. Le Chaudron de sang, 13.95 €

"Monstre, Démon, Abomination.
Les Hommes imaginent que je suis le diable.$
Mais, que savent-ils du roi des Enfers ? Que savent-ils du Bien et du Mal ?

Les Hommes... Des petites créatures fragiles qui vivent dans la crainte. Des êtres stupides, aveugles et bornées.
Les Hommes sont des ignorants...

Je me nomme Arawn. Je suis le seigneur de la Terre Brûlée. Le roi des enfers. Le souverain des morts.
Les humains me redoutent. Ils ont raison. J'ignore la pitié. Je méprise la faiblesse. 
Je suis le Dieu de la colère. Le Dieu Vengeur...

Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Jadis, j'étais un homme, sorti du ventre d'une mère..."









Le Chemin de l'espérance, Stéphane Hessel, Edgar Morin  (Fayard)  5€

Petite poucette, Michel Serres (manifeste le pommier) 9€50

Temps des crises, Michel Serres (poche le pommier) 7€50

2 commentaires:

  1. Pour compléter la découverte d'André Bucher et de son territoire :
    http://andrebucher.tumblr.com

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